L’entrepreneuriat féminin dans les quartiers : entre challenge et émancipation

Aujourd’hui, les femmes dirigent un tiers des entreprises de l’économie formelle dans le monde. Néanmoins, plus l’entreprise est grande moins il y a de chance qu’elle soit dirigée par une femme. En France, la part des femmes créatrices d’entreprise représente 30%. Dans les quartiers, c’est sous une forme spécifique que les femmes décident de se lancer dans la création d’entreprise, l’entrepreneuriat social. Soucieuses de leur environnement et désireuses de faire évoluer les quartiers, ces femmes entrepreneuses ont perçu le besoin de leur redonner vie afin notamment de permettre la mobilité des personnes en insertion.

Entreprendre dans les quartiers : entre défi et besoin de revanche

Ce qui motive les femmes à se lancer dans la création d’entreprise dans les quartiers, c’est avant tout l’envie de faire de leur différence une force. Généralement issue de l’immigration, ces femmes souhaitent entreprendre autrement en vue de redynamiser les quartiers et répondre à un besoin social de plus en plus important. L’apparition de l’ethnic business est symptomatique de cette envie de changement mais surtout de revanche sur une société où les discriminations et le manque de reconnaissance persistent.
Les femmes qui entreprennent dans les quartiers souhaitent s’émanciper et concrétiser un projet qui leur tient à cœur et hériter ainsi d’une nouvelle image sociale aussi bien aux yeux de leurs proches que de la société et cela en créant leur propre emploi quand le marché du travail ne semble pas reconnaître leur savoir-faire.
Ainsi, c’est avant tout le besoin social qui oriente leur démarche et est central. Avec des projets liés à l’insertion, l’entrepreneuriat social des femmes apparaît alors comme un véritable moyen de lutter contre le chômage des personnes qui vivent dans les quartiers ce qui a tendance à intéresser les pouvoirs publics et les fonds d’investissement privés.

L’acte d’entreprendre des femmes, une alternative à l’emploi

Face à un marché du travail discriminant et à l’absence de reconnaissance, les femmes des quartiers décident d’entreprendre pour pallier au manque et ainsi sortir du chômage. C’est donc plus par nécessité que par choix qu’elles se lancent dans la création d’entreprise, et c’est cette motivation qui détermine le type d’entreprise créer. Elles contournent donc les discriminations et stigmatisation dont elles sont victimes ce qui les porte plus vers un projet social où la compassion et l’envie de participer à un projet de société sont les motivations majeures.
Par ailleurs, la recherche d’autonomie et le besoin d’accomplissement s’effectuent pour elles dans les quartiers, territoire qu’elles connaissent, qu’elles habitent et qu’elles souhaitent voir évoluer. Une façon de faire d’une pierre deux coups dans des quartiers où les services publics sont affailblis voire absents. Peu de réponses sont proposées aux habitants qui côtoient le chômage et la misère sociale, l’entrepreunariat social de ces femmes apparaît alors comme une solution d’avenir pour les quartiers.

À consulter : Événement – Forum entreprendre au féminin

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