Témoignage de Kim, 36 ans, Japon

Originaire de Montpellier, Kim passionné de musique décide de s’installer à Paris. De petits boulots en déceptions relationnelles, il finit par rencontrer sa future femme, une japonaise venue découvrir la France. Ils ont vécu un temps à Paris avant de plier bagages pour le pays natal de sa conjointe, le Japon et finissent par s’installer dans la ville d’Oita.

Quel a été ton projet de mobilité et dans quel cadre es-tu parti ?

Je suis parti vivre au Japon sans cadre particulier. Ma compagne, rencontrée en France, étant japonaise nous avons dans un premier temps vécu en France mais très vite nous avons eu envie de lever les voiles. Nous avons donc décidé de partir vivre au Japon pour ouvrir un commerce sur place, une petite Crêperie. Nous avons donc connu deux gros changements d’un coup : la mobilité et la création de notre entreprise. Mon choix a été motivé par une arrivée à saturation de ma vie parisienne. J’enchaînais les petits boulots, je n’avais aucun plan pour mon avenir. Je me suis aussi rendu compte que j’avais très peu de contacts enrichissants en France, et j’avais un réel désir de changement. C’était donc le bon moment pour partir !

A-t-il été facile de bouger ?

Pour moi, ce n’est jamais vraiment facile de bouger. On est attaché à tellement de choses de nos jours, principalement son environnement social (famille, amis…). Tout lâcher alors qu’on avait “trimé” pour acquérir certaines choses c’est loin d’être évident ! Alors il a fallu tout vendre pour ne garder que l’essentiel. On comprend alors que l’être humain s’adapte vite, c’est extrêmement positif.

Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

De prime abord, la différence culturelle. C’est un vrai choc parce qu’on prend conscience que les valeurs que l’on nous a inculquées depuis notre tendre enfance ne sont pas les mêmes ici et pire ces valeurs ne sont mêmes plus une base sur laquelle on peut partir pour en construire de nouvelles. Alors on repart à zéro dans tous les sens du terme. C’est cela le plus marquant et le plus déroutant. Cela a entraîné une vrai remise en question de ce qui me semblait être des vérités pour moi jusque-là, le travail, la famille, la vie sociale. J’ai dû revoir mes acquis. Au final, j’ai réussi à puiser dans chaque culture pour ne prendre que ce qui me parait être en harmonie avec la vie que je mène aujourd’hui et celle que j’aimerais me construire à l’avenir.

Selon toi, quelles sont les choses importantes à faire quand on arrive dans un pays étranger ?

Pour moi, la chose la plus importante à faire quand on arrive dans un pays étranger c’est de ne pas essayer d’intégrer la communauté d’expatriés français à l’étranger. C’est vraiment la solution de facilité pour retrouver ses marques et se sentir à la « maison ». Mais soyons honnêtes, si j’avais voulu me sentir en France quel intérêt de partir m’installer au Japon pour y retrouver des Français ? C’est grotesque ! Ça peut aider et être utile, c’est sûr mais ça ne facilite pas l’intégration. Je pense que la chose primordiale à faire c’est de tenter d’établir d’emblée une communication avec les locaux, même quand on ne maîtrise pas la langue, il faut se lancer sans retenue. Je pense que l’intégration passe avant tout par la connaissance de leur art de vivre et de leurs codes. J’essaye d’apprendre la langue mais je ne suis pas très assidu et c’est un véritable frein pour mon intégration. Heureusement que ma compagne est anglophone !

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